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NORD ÉCLAIR - SAMEDI 11 NOVEMBRE 2006 Page 16 MANIFESTATION La Palestine, si près de leurs cœurs
Une centaine de personnes ont répondu hier soir à l’appel d’un collectif d’associations et de partis politiques pour soutenir la Palestine.
Un conflit israélo-palestinien qui s’enlise. Une liste de victimes qui s’allonge chaque semaine. Hier soir, une centaine de personnes se sont rassemblées à Lille pour demander, une nouvelle fois, l’arrêt des massacres en Palestine.
Une pointe de déception dans la voix, Fatima regarde la Grand-Place de Lille se remplir tout doucement. « Je pensais qu’il y aurait plus de monde. On ne peut pas rester indifférent, quel que soit le conflit, au Liban, en Irak, ou en Tchétchénie ». D’origine marocaine, cette maman est venue comme une petite centaine d’autres personnes manifester silencieusement pour demander l’arrêt des massacres en Palestine. « Ça ne bouge pas ou peu mais on garde espoir ». À défaut de pouvoir se rendre en Palestine pour venir en aide à la population, Fatima a accueilli chez elle des enfants palestiniens il y a deux ans. « Vous savez, c’est pas grand chez moi, mais dans mon coeur c’est grand ». Comme Fatima, Jamal a tenu à être présent « pour le principe ». « Tout acte dans le monde contre l’humanité mérite qu’on manifeste. Cette semaine est un peu particulière mais ce ne sont pas les chiffres qui me font me déplacer ». Ce n’est pas grand-chose d’être là mais c’est déjà ça. Tous restent persuadés que ces rassemblements sont utiles. « Nous, c’est notre pain quotidien de continuer ainsi pour interpeller le gouvernement, justifie Annie Taillant, secrétaire de la section AFPS Nord - Pas-de-Calais. Être présent, c’est une façon de montrer qu’un certain nombre de Français espèrent des solutions dans ce conflit ». Réunis pour demander des sanctions internationales contre Israël, l’Association France Palestine Solidarité, la Ligue des Droits de l’Homme, le MRAP, le comité des sans-papiers 59 ou encore des anonymes ne baissent pas les bras et multiplient ce type de manifestations. « Quels autres choix avons-nous ? s’interroge Blandine. J’espère juste qu’on nous voit, qu’on n’est pas transparent. Souvent, une info chasse l’autre et ça, c’est terrible ». Sylvie approuve : « Je suis allée en 2002 en Palestine avec la mission civile. On est rentré plein d’espoir mais en fait pas grand-chose n’a changé depuis. Ah si, il y a un mur en plus... ». LAURIE MONIEZ |