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Lettre de  Martine Monville à France 2

Al-Oufok



Monsieur le Médiateur de France 2,

En ce jour de rentrée, les informations du 13h, avec Madame Elise Lucet, nous ont complaisament et longuement présenté la rentrée à Tel Aviv.

Pourquoi Tel Aviv plutôt qu'un autre pays comme l'Espagne, l'Angleterre, le Mexique, la Chine ou l'Inde ?

Nul, s'il possède un minimum d'humanité, n'a le droit de faire comme si les crimes de guerre commis par l'armée d'Israël en ce mois de Janvier 2009 n'avaient pas existé, comme si la population d'Israël n'avait pas plébiscité ces crimes.

Un boycott international a été lancé contre Israël afin d'obtenir qu'il respecte enfin les droits humains de tout un peuple qu'il tient à sa merci. Des plaintes ont été déposées devant le tribunal pénal international de La Haye.

Vous, journalistes, ne pouvez ignorer, si vous êtes de bons journalistes, que chaque jour des exactions et des abjections sont commises contre les Palestiniens dans le "silence assourdissant des médias occidentaux" malgré le relai des journalistes israéliens tels que Amira Hass ou Gidéon Lévy.

Je vous en transmets une, non terrifiante, mais pourtant terrible par sa signification symbolique et ses conséquences sur l'éducation là-bas.

La probité de votre profession voudrait que, à défaut d'éviter de mettre en valeur un état responsable de crimes de guerre à répétition, nous vous donniez de telles informations en parallèle.

Martine Monville
14 rue de la Jourdinière
45470 Rébréchien

 


L'école du camp de Bédouins d'Alkhan Al Mear, construite sous l'impulsion de l'ONG italienne "Vento di Terra", est destinée à accueillir ce mois de septembre 400 enfants de 6 à 12 ans, surtout des filles, du camp de Bédouins d'Alkhan Al Mear, dans une construction économique et écologique, faite uniquement de pneus usagés et de boue. Les enfants pourront ainsi recevoir une instruction près de leur habitation au lieu d'être contraints d'aller à Jéricho ou Asariya, par des routes dangereuses, coupées de check points, l'armée empêchant souvent les taxis emmenant les enfants de passer. Quatre enfants y ont d'ailleurs perdu la vie au cours des deux dernières années.

La construction a commencé le 26 mai. Les deux premières semaines, dix hommes ont travaillé dix heures par jour qui ont été rejoints ensuite par plusieurs dizaines de bénévoles en provenance d'Israël (dont les Rabbins pour les Droits de l'Homme) et de l'étranger. Seule la toiture, faite de poutres de soutien en bois avec panneaux de contreplaqué à plat posés dessus a coûté de l'argent, 7000 euros donnés par des amis italiens.

Aujourd'hui les bâtiments construits ont l'air de surgir de la montagne.

Les poutres de bois créent un espace entre les murs et le toit de sorte que pendant l'été, l'air chaud monte et s'évacue par ces espaces, ce qui crée un flux d'air agréable et permanent. Il est prévu d'utiliser ces bâtiments l'après midi comme une clinique médicale permettant d'accueillir des médecins qui refusaient jusqu'alors de venir en raison de la chaleur intense.

L'Autorité Nationale Palestinienne a promis la mise à disposition d'un directeur et de six enseignants pour septembre 2009

Pour la première fois dans l'histoire de la tribu Jahalin, expulsée en 1948 de Tel Arad dans le Néguev, fixée dans ce campement depuis le milieu des années 1970, les enfants qui vivent avec leurs parents dans des huttes, des tentes ou des cabanes branlantes, pourraient être en mesure de profiter d'une instruction, de jeux et d'activités de loisir dans une structure sécurisée.

Hélas, le 23 juin dernier, les garde frontières de l'armée israélienne et des inspecteurs de l'administration civile israélienne sont venus et ont intimé l'ordre de cesser les travaux et de se présenter au tribunal de Beit Eal, le 2 juillet suivant. Ce jour là, le sous comité de l'inspection du Conseil supérieur de la Planification de l'Administration Civile a remplacé l'ordre de cessation des travaux par un ordre de démolition à raison des protestations formées par les colons qui vivent dans le voisinage (colonies de Maale Adumim et Mishor Adumim).

Un recours a été formé devant la Cour Suprême d'Israël.

Des appels ont été lancés en directions d'ambassades d'Israël et de différents ministres des affaires étrangères.

 

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