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        logohuma-small.gif                                 Article paru le 17 Septembre 2009 pages 11-13

 

Plusieurs ONG exigent des suites judiciaires

Des organisations comme Amnesty ou Human Rights Watch soulignent la nécessité de mettre enfin un terme à l’impunité.

Genève (Suisse), correspondance particulière.

« Il serait dans l’intérêt aussi bien des Palestiniens que des Israéliens d’établir les faits pour savoir s’il y a eu des crimes de guerre et des violations du droit humanitaire durant le conflit de Gaza » (l’opération « plomb durci » menée par l’armée israélienne entre décembre 2008 et janvier 2009). C’est ce qu’estimait le juge sud-africain Richard Goldstone (un ancien du tribunal pénal international sur l’ex-Yougoslavie) en acceptant, il y a quelques mois, une mission d’enquête exhaustive pour le compte du Conseil des droits de l’homme des Nations unies. Le rapport final (fortement critiqué par Israël, qui n’a pas aidé à sa préparation, et aussi par le Hamas) a mis en évidence des « crimes de guerre » et de sérieuses violations du droit humanitaire - aussi bien par l’armée israélienne que, dans une moindre mesure, par le Hamas.

Or, après avoir établi la réalité des faits et des crimes de guerre, le juge Goldstone exige, dans son rapport, des suites judiciaires dignes de ce nom pour mettre fin à une « situation d’impunité qui a duré trop longtemps déjà », dit-il. Écartant comme « peu sérieuse » la rapide enquête menée par les forces armées israéliennes après l’opération (et qui n’a rien trouvé à y redire), le juge recommande que son rapport soit déféré au Conseil de sécurité, l’organe exécutif de l’ONU. Au Conseil, dit-il, de fixer dès lors un délai de six mois à Israël et aux autorités palestiniennes pour mettre sur pied des « structures indépendantes d’investigation » sur les violations et les crimes relevés dans son rapport.

Il ajoute que ces démarches et leurs avancées devront, en outre, être suivies par une commission d’experts qui devra faire rapport au même Conseil. Et si, au terme de ces six mois, l’État israélien et/ou le Hamas traînent les pieds et qu’ils n’ont pas « de bonne foi » mis en place de telles instances indépendantes et commencé des enquêtes sérieuses, alors, demande encore Goldstone, le Conseil de sécurité devra illico passer le dossier au procureur du tribunal pénal international (TPI). Bref, passé ce délai de six mois, ce sera à la justice - pénale internationale de reprendre le flambeau de l’enquête et de lancer les inculpations qui s’imposent (comme cela a été le cas pour les conflits de l’ex-Yougoslavie).

Des recommandations de suites judiciaires que les grandes ONG de défense des droits et de l’humanitaire approuvent et endossent. Que ce soit Human Rights Watch (HRW), Amnesty International, la Fédération internationale des droits de l’homme (la FIDH, y compris sa section israélienne et d’autres ONG du pays) ou la Commission internationale des juristes, toutes ces organisations appuient et mettent l’accent sur l’aspect impératif des recommandations du rapport Goldstone. « L’élément clé de ce rapport est la volonté de mettre fin à l’impunité et de rendre justice aux victimes des violations des droits de l’homme », affirme ainsi le responsable de HRW, Kenneth Roth. De son côté, Donatella Rovera d’Amnesty estime, elle, que « la communauté internationale et le Conseil de sécurité de l’ONU se trouvent désormais devant leurs responsabilités. Ils se doivent d’engager les actions nécessaires pour que ceux qui ont commis des crimes de guerre aient à rendre des comptes et pour que l’on rende justice et réparation aux victimes ».

Ramine Abadie

http://www.humanite.fr/2009-09-17_International_Plusieurs-ONG-exigent-des-suites-judiciaires

 

 

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