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Lettre de JF Larosière à Tokia Saïfi et Jacky Hénin,

députés européens, membres de la Commission du commerce international au Parlement européen

au sujet de l’accord commercial entre l’Union européenne et Israël

 

 

Lille le 16 septembre 2012

 

Jean-François Larosière

Président de l’AFPS Nord-Pas de Calais

MRES

23 rue Gosselet

59000 LILLE

www.nord-palestine.org

 

 

Madame la Députée,

Monsieur le Député,

 

 

 

En tant que membre de la commission du Commerce International du Parlement européen (INTA), vous allez avoir, le 18 septembre 2012, à vous prononcer en notre nom sur le “Protocole relatif à l’évaluation de la conformité et l’acceptation des produits industriels“, (Agreements on Conformity Assessment and Acceptance of Industrial Products, ou ACAA) entre l’Union européenne et Israël. En tant que suppléant, vous serez peut-être aussi concerné.

 

Outre de sérieuses réserves sur le fond, il existe dans la formulation de cet accord un problème fondamental qui doit empêcher que l’INTA ne puisse y donner un avis favorable.

 

En effet, la partie israélienne a refusé qu’il soit spécifié que cet accord est applicable aux seuls produits originaires du territoire de l’état d’Israël ainsi qu’il est reconnu par la communauté internationale. Ce qui revient à l’étendre de facto aux produits des colonies israéliennes en territoire palestinien occupé, non reconnues comme parties d’Israël en droit international.

 

L’UE ne peut pas reconnaître ainsi de manière détournée une quelconque appartenance des colonies israéliennes à l’état d’Israël, en contradiction avec toutes les déclarations de ses instances et du Parlement lui-même. En contradiction aussi avec les discussions en cours au sein de l’UE sur l’étiquetage spécifique des produits de ces colonies importées dans l’UE.

 

S’en remettre à une solution technique à imaginer ultérieurement par la Commission ne peut non plus être envisageable, car, d’une part le refus de la reconnaissance de la colonisation de la Cisjordanie ne peut pas être considéré comme un problème secondaire, il doit être clair et de principe, et d’autre part l’expérience a largement démontré qu’une fois les accords obtenus, l’état d’Israël réussit à faire abandonner la recherche de toute condition concernant ses colonies – le dernier cas en date étant celui de l’admission de l’état d’Israël à l’OCDE.

 

Cela signifie donc clairement qu’aussi longtemps que cette grave omission juridique,  concernant la définition territoriale de la zone d’applicabilité de l’accord, ne sera pas rectifiée de manière satisfaisante, les membres de la commission INTA ne peuvent émettre nom un avis favorable à  l’ACAA entre l’UE et Israël.

 

En vous remerciant pour l’attention que vous prêterez à ce courrier, je vous prie de recevoir, Madame la Députée, Monsieur le Député, mes sincères salutations.

 

 

Jean-François Larosière

 

 

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