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COMMUNIQUE DU 18 AVRIL 2004:
L'UNION EUROPÉENNE ET LA FRANCE DOIVENT SANCTIONNER
ISRAËL
IL FAUT UNE CONFÉRENCE INTERNATIONALE SOUS L¹ÉGIDE DE L¹ONU SUR LE
PROCHE-ORIENT
Un mois après l'assassinat de Cheikh Yassine et au lendemain du retour d¹Ariel
Sharon de Washington, Tel-Aviv vient donc d¹assassiner par hélicoptère
le nouveau dirigeant du Hamas dans la bande de Gaza, Mohammed al Rantissi.
Ce nouvel assassinat ciblé s¹inscrit dans une longue liste d¹exécutions
sommaires en Palestine, en totale violation du Droit international et dans
une stratégie de chaos.
Il a été condamné par l¹ONU, par le monde arabe, par l¹Union européenne,
pour son caractère illégal comme pour ses conséquences pour toute la région.
Washington en revanche confirme le feu vert donné par George W.Bush,
lui-même empêtré dans son occupation militaire, politique et économique
en Irak, à la politique d¹Ariel Sharon.
Il est clair qu¹avant tout retrait partiel de Gaza, le gouvernement israélien
entend y laisser une situation ingérable, à la fois en éradiquant toute
forme de vie économique et sociétale, en détruisant le plus possible,
et en tentant par tous les moyens de confessionnaliser le conflit.
Il faut mettre un terme à l'impunité d¹Israël. L'Union européenne
doit sanctionner. Elle doit respecter les résolutions du Parlement
européen qui demande la suspension de l¹accord d¹association entre Israël
et l¹Europe, notamment si Israël poursuit sa politique d¹assassinats
ciblés.
Mais de plus, Washington a donné son feu vert au nouveau plan d¹Ariel
Sharon pour la Palestine, plan d'annexion baptisé « séparation unilatérale
». Il s¹agit d¹un retrait partiel de la bande de Gaza, avec
maintien des militaires, et du contrôle des frontières et de l¹accès
à la mer, en échange d¹une intensification de la colonisation de la
Cisjordanie.
Pour la première fois, le président américain avalise la colonisation
pourtant illégale et cautionne un plan qui prévoit de déplacer le «
ligne verte » en vue d¹annexion, de maintenir les principaux blocs de
colonies, y compris Jérusalem, ce qui vaut mandat pour une
confiscation-annexion d¹environ 60% de la Cisjordanie, ne laissant aux
Palestiniens que des ghettos, et qui cautionne aussi le rejet israélien
du Droit au retour des réfugiés palestiniens. La « séparation », c¹est
celle des populations, l¹expulsion des Palestiniens au profit de l¹annexion
de territoires.
Non seulement ce projet est une violation de la feuille de route du
quartette et du Droit international, mais c¹est aussi, au mépris des
droits nationaux du peuple palestinien comme des partenaires du quartette
et de la communauté internationale, un nouveau plan Balfour, un Balfour
II.
L'Union européenne doit prendre ses responsabilités face à l'axe
Bush-Sharon qui empêche l¹émergence de la Paix et avec elle de la sécurité
au Proche et au Moyen-Orient.
A l¹occasion de la réunion du quartette envisagée le 28 avril à
Berlin, elle doit exiger l¹envoi d¹une force internationale de
protection du peuple palestinien et d¹application du Droit international
pour faire tomber les murs et pour mettre un terme à l¹occupation.
Nous demandons à l¹Etat français de sortir de ses discours de principe
pour agir. Il doit et l¹Union européenne doit exiger la tenue d¹une
conférence internationale sous l¹égide de l¹ONU pour la Paix au
Proche-Orient.
Paris, le 18 avril 2004
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