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L’Afps dénonce l’enlèvement de Mohamed Ouathi.
Il y a une semaine déjà, le journaliste de France 3 a été enlevé dans
la bande de Gaza par des hommes armés.
Aucune revendication, aucune demande ne semble avoir suivi cet enlèvement
et le gouvernement français est d’une extrême discrétion concernant
les acteurs et le contexte de cet acte criminel.
Une manifestation de journalistes palestiniens et étrangers a eu lieu
hier à Gaza pour exiger la libération de leur confrère.
L’Union de la Presse francophone en Palestine condamne cet acte et
s’inquiète de sa portée politique notamment en terme de l’image
pervertie des Palestiniens dont il est porteur.
Qu’il s’agisse de groupes palestiniens ayant choisi ce moyen
d’action illégal pour exprimer des revendications dirigées vers l’Autorité
Nationale Palestinienne, comme cela s’est déjà produit, ou de
provocateurs qui utilisent ce modèle pour ternir l’image des
Palestiniens, l’enlèvement de Mohamed Ouathi est totalement
injustifiable.
L’utilisation de civils comme leviers dans un conflit est hélas
pratique courante. Les Palestiniens en connaissent le prix, eux dont les
familles, les foyers, les terres et autres moyens de subsistance sont systématiquement
les cibles de l’armée d’occupation israélienne, dans le but affiché
de faire plier la résistance à la colonisation et l’occupation.
L’importance de l’information en Palestine occupée comme dans
d’autres zones de guerre, coloniale ou non, peut être vitale et la présence
des journalistes est garante d’un minimum de retenue de la part des
troupes israéliennes. En témoignent les nombreuses interdictions que des
journalistes entrent à Gaza ou en Cisjordanie lors d’opérations
militaires israéliennes de grande envergure comme en 2002, à Jénine,
Ramallah ou Naplouse ou en 2004 dans la Bande de Gaza. En témoignent les
journalistes, facilement identifiables en tant que presse et blessés ou
abattus par les soldats israéliens dont les responsables veulent imposer
le huis-clos lors de leurs opérations.
Ainsi de Raffaele Ciriello, 42 ans, photographe, envoyé spécial du
quotidien italien Corriere della Sera, tué le 13 mars 2002 à Ramallah
par les troupes israéliennes, de Nazeh Darouazi,
cameraman palestinien de 42 ans travaillant pour l'agence de presse APTN (Associated
Press Television Network) et pour la Télévision publique palestinienne,
tué par un tir israélien dans la vieille ville de Naplouse le 19 avril
2003. Ainsi encore de James Miller assassiné à Gaza en mai 2003 ou d'Ali
Samoudi blessé à Jenine en avril 2004 ou encore des violences commises
par l'armée israélienne contre des journalistes palestiniens entre les
10 et 15 juin 2004, dans la région
de Naplouse, dénoncées alors par Reporters sans Frontières.
La liberté de la presse nous concerne tous. Qu’elle soit interdite par
des armées d’occupation ou mise ponctuellement en danger par des résistants,
qu’elle soit la cible de provocateurs ou de malfrats, elle nous est
indispensable, elle est l’un des garants de la démocratie.
Il nous appartient d’en exiger le respect, tout comme nous exigeons le
respect et l’application des autres droits fondamentaux, du droit
humanitaire et du droit international, tout comme
nous exigeons la fin de l’occupation israélienne en Palestine.
L’Afps condamne fermement l’enlèvement du journaliste de France 3
dans la Bande de Gaza et demande sa libération immédiate.
Paris, le 21 août 2005
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