AFPS Nord Pas-de-Calais CSPP

   

 

COMMUNIQUE DU 07 JUIN 2003

              L’Association France Palestine Solidarité Nord-Pas-de-Calais

             Comité de soutien au peuple palestinien

              le  7 juin 2003

COMMUNIQUE

 

Censure à la Mairie de Lille
dans le cadre du Festival Transphotographiques

 

Dans le cadre du Festival Transphotographiques 2003, soutenu par la Mairie de Lille, 
devait se tenir à l'Hôtel de Ville de Lille du 15 mai au 15 juin 2003 une exposition de photos présentée par le Centre Régional de Photographie Nord-Pas-de-Calais (CRP), de  Douchy-les-Mines, sur le thème : 
Palestine, d'un monde à l'autre.

Bien que programmée, l'exposition a été en partie censurée, la Mairie ayant refusé 
que des photographies du CRP soient accrochées, sous le prétexte qu'elles pouvaient 
blesser certaines personnes.

Dans un communiqué, le CRP rappelle que cette exposition a été commandée par le Festival, et que son contenu était connu par quelques conseillers municipaux de Lille.

L'exposition a fait l'objet d'une convention écrite avec les Transphotographiques 
et elle était annoncée dans le programme avec une introduction générale de Martine Aubry, 
Maire de Lille.

Cependant lors de la mise en place de l'exposition, un membre du Cabinet de Martine Aubry est intervenu pour s'opposer à l'accrochage de certains tableaux susceptibles d'être blessants pour certains.

Voilà pour les faits relatés par Frédéric Faure, membre du CRP, dans un communiqué de presse qu'il a transmis au MRAP pour information et dans une lettre à Martine Aubry.

  L'AFPS ne peut pas rester silencieuse face à un tel acte de censure.

D’une part, cet acte censure une œuvre d’art programmé contractuellement dans un festival photographique au mépris de ses auteurs ; d’autre part, il semble marquer la volonté de la Mairie de Lille et avec elle des organisateurs du festival de prendre une position "équilibrée" sur le conflit entre Israéliens et Palestiniens, ce qui a pour effet d’entretenir une confusion des genres qu’il convient de dénoncer.

Non, il ne s’agit pas d'un conflit entre deux adversaires égaux en droit et en moyens mais bien d’une injustice perpétrée à l’égard d’un peuple expulsé de sa terre en 1948 et soumis à un régime d'occupation militaire depuis 1967.

La question ne saurait être celle d'une quelconque symétrie entre deux belligérants mais celle de la reconnaissance de cette injustice constituée par la violation des droits d’un peuple à disposer de lui- même. 

Cette reconnaissance est pourtant nécessaire pour arriver à un compromis permettant aux deux États, le Palestinien et l' Israélien de vivre côte à côte.

Toute autre position a pour effet de perpétrer l'état de guerre et favoriser la continuation de l'oppression des Palestiniens par les Israéliens.

Si l’on peut tout à fait comprendre que la ville de Lille souhaite entretenir ses relations internationales avec ses partenaires israéliens, en revanche on admettra difficilement qu’elle mette sur le  même plan les jumelages avec la ville israélienne de Safed et la ville palestinienne de Naplouse tant que l'occupation continuera ; parce que tout simplement la situation d'une ville libre et celle d'une ville occupée sont tout à fait  différentes.

Si les images du conflit peuvent apparaître déplaisantes à certains, c'est moins parce qu'elles sont des images de ce conflit que parce qu'il y a conflit. « Mais  ce qui se passe, ça s’appelle : l‘occupation »

Dans ses conditions, on peut penser que des expositions telles que celle qui a été censurée sont un moyen de permettre une prise de conscience de la réalité du conflit. Et ainsi œuvrer en faveur de la paix par la reconnaissance du droit de vivre libres pour ceux qui sont 
opprimés et occupés,.

Retour Communiques - Accueil