|
COMMUNIQUE DU 12 SEPTEMBRE 2003
EMPÊCHER LE PIRE
Près de dix ans jour pour jour après la « Déclaration de Principes
» d’Oslo pour la Paix au Proche-Orient, Ariel Sharon a décidé que sa
guerre totale contre les droits nationaux du peuple palestinien passe par
une phase à laquelle il aspire depuis le début : l’élimination du Président
palestinien élu Yasser Arafat et avec elle l’éradication de toute
infrastructure nationale palestinienne et de l’OLP.
Ariel Sharon ne s’est jamais caché d’en faire son objectif. Comme
l’a fait Ehud Barak au sein du parti travailliste, Ariel Sharon s’est
toujours opposé à la signature des accords d’Oslo.
Son parti fustigeait alors le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin
allant, jusqu’à son assassinat en novembre 1995 jusqu’à le traiter
de nazi.
Exigeant à Camp David en juillet 2000 des Palestiniens qu’ils renoncent
au droit international comme base de négociation, Ehud Barak a voulu leur
faire porter le chapeau de son refus de la Paix. Il a ouvert avec Ariel
Sharon la voie au soulèvement palestinien, et à la guerre coloniale
totale en Palestine occupée : éradication des infrastructures de l’ANP
et en particulier de ses services de sécurité, assassinats, raids,
bombardements, arrestations en masse, asphyxie économique par un réseau
de barrages et par une politique de couvre-feux, destructions de maisons,
sièges, réoccupation de tout un pays... intensification de la
colonisation jusqu’à l’érection d’un réseau de murs d’annexion
à l’intérieur de la Cisjordanie. Murs symboles de la vision d’avenir
du gouvernement d’extrême droite israélien, qui préfère prendre la
responsabilité d’un cycle de sang dans la région, qui préfère
assassiner les leaders du Hamas (malgré leur trêve unilatérale) et de
nombreux civils au risque prévisible, prévu et organisé de la vengeance
et des attentats meurtriers… plutôt que d’envisager la paix, une paix
autre que celle des cimetières.
« Liquider » le Président élu Yasser Arafat après l’avoir assiégé
depuis des mois, c’est mépriser évidemment le peuple palestinien et
ses choix, et c’est choisir la guerre dans toute la région.
Le peuple palestinien a répondu à Ariel Sharon en se pressant en masse
à la Muqata’a et en manifestant dans toutes les villes palestiniennes
malgré les couvre-feux, pour soutenir et protéger son Président menacé
par les chars, trente ans après une autre prise de Palais Présidentiel
(par l’armée) à Santiago du Chili.
Ariel Sharon attend un feu vert des Etats-Unis ? La communauté
internationale, l’Europe, la France, doivent empêcher le meurtre, arrêter
le bras fou de la barbarie, de la guerre, de la colonisation, imposer
enfin la logique du Droit.
L’Association France Palestine Solidarité (AFPS) exprime sa solidarité
au Président Yasser Arafat, au peuple palestinien, à sa résistance, à
l’OLP et à l’ANP.
L’AFPS demande à la France, de toute urgence :
- L’intervention d’urgence au sein de l’ONU et du quartette pour
l’envoi d’une force de protection internationale en Palestine,
- La suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne
et Israël comme l’a voté le Parlement européen le 10 avril 2002, et
pour la suspension de toute coopération scientifique et militaire tant
qu’Israël refusera de respecter ses obligations internationales.
La communauté internationale doit assurer la protection du Président
palestinien Yasser Arafat.
Paris, le 12 septembre 2003.
|
|