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AFPS Nord Pas-de-Calais CSPP |
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Communiqué du 14 mai 2003:
ESCALADE DE LA TERREUR ISRAELIENNE
ELIMINATION DES TEMOINS
14 mai 1948, c'est la Nakba, le début du processus d'expulsion et de
dépossession des Palestiniens.
Élu chef du gouvernement israélien, Ariel Sharon a fait savoir qu'il
voulait achever ce qui ne l'avait pas été alors.
14 mai 2003, 55 ans après.
Dans la seule semaine du 1er au 6 mai 2003, Israël a assassiné 19
Palestiniens, civils pour la plupart, dont 5 enfants.
13 d'entre eux, dont 3 frères, ont été tués à Gaza dans le quartier
d'Al-Shojaeya pendant une « incursion » de l'armée israélienne.
Ces attaques terrifiantes accompagnées de bombardements se multiplient,
souvent de nuit.
Dans le même temps, de larges superficies de terres agricoles ont été
rasées à Khan Younis dans le village de Khuzala, et18 maisons ont encore
été détruites à Rafah.
La campagne d'arrestations se poursuit, et les associations de défense
des droits humains dénoncent l'utilisation de civils palestiniens comme
« boucliers humains » par l'armée israélienne dans leurs opérations
militaires.
Le bouclage n'en finit pas. Aujourd'hui Gaza est encore complètement «
fermée », Khan Younis ré-envahie par les chars pendant la nuit.
Voilà la version israélienne de l'»arrêt de la violence » inscrit dans
la Feuille de Route publiée le 30 avril 2003.
Pour mener à bien et intensifier en toute impunité sa sale guerre
coloniale, l'armée israélienne a décidé d'éliminer les témoins.
Le 2 mai, les soldats ont tiré dans la tête d'un journaliste britannique
qui tournait, avec 5 de ses collègues, un documentaire sur la vie des
enfants de Rafah. James Miller est le 7ème journaliste assassiné par les
forces d'occupation depuis le début de l'Intifada.
Le gouvernement israélien a également décidé de s'en prendre aux
volontaires civils internationaux qui oeuvrent pour la protection du
peuple palestinien.
Le 16 mars, Rachel Corrie, de l'International Solidarity Movement, est
assassinée, écrasée par un bulldozer de l'armée israélienne qui
s'apprêtait à détruire une maison de plus à Rafah.
Le 5 avril, à Jénine ré-envahie, Brian Avery est grièvement blessé à la
tête par un char israélien à 50 mètres de distance alors qu'il était
clairement identifiable.
Le 11 à Rafah, Tom Hurndall, toujours de l'ISM, est aussi victime d'un
tir dans la tête, alors qu'il tentait de sortir des fillettes de la
ligne de feu israélienne. Il est déclaré cliniquement mort.
Depuis, les locaux de l'ISM ont été perquisitionnés, le matériel
confisqué et des membres arrêtés.
Dans le même temps l'armée israélienne saccageait les locaux de l'UPMRC
(Secours Médical Palestinien), base d'accueil des volontaires
internationaux à Ramallah et Naplouse, et arrêtait du personnel dont un
médecin.
Nouvelle violation des Conventions de Genève, terreur organisée.
Terrorisme d'état.
Alors que le passage entre la Cisjordanie et Gaza est interdit aux
Palestiniens contrairement à tous les accords, le gouvernement israélien
a franchi un nouveau pas en décrétant de nouvelles restrictions aux
Internationaux (dont les médecins, enquêteurs des associations de
défense des droits humains.) se rendant dans la Bande de Gaza.
Parmi ces restrictions, l'obligation de signer une déclaration qui
exempte Israël de toute responsabilité en cas de mort, blessure ou tout
dommage infligé par l'armée israélienne.
Le gouvernement israélien veut coincer les Internationaux dans une seule
alternative: ne pas témoigner des agissements criminels de l'armée et
des colons ou bien reconnaître par écrit qu'Israël n'est pas
responsable.
Une telle mesure, tout à fait incroyable («je m'engage à ce que votre
impunité soit garantie si vous m'assassinez ») et parfaitement illégale
constitue une véritable provocation que la communauté internationale ne
peut accepter et d'ailleurs les condamnations se multiplient.
Il est à craindre que cela prépare une nouvelle escalade, en
particulier dans la Bande de Gaza, que le gouvernement israélien entend
mener sans témoins.
La communauté internationale doit faire prévaloir et respecter le droit.
Nous demandons à la France, aux Etats membres de l'Union Européenne, au
Quartette et à l'ONU :
- de condamner et refuser
fermement cette mesure illégale et inique
- de refuser l'impunité
des criminels de guerre et de se donner
les moyens de les juger
- de dépêcher en
urgence une force de protection du peuple
palestinien
- de contraindre Israël
à se plier à la Feuille de Route,
en particulier en mettant un terme
aux violences
quotidiennes imposées à la population civile
palestinienne.
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