AFPS Nord Pas-de-Calais CSPP

   


Communiqué du 19 juillet 2004


Face à « l¹antisémitisme déchaîné » en France, Ariel Sharon appelle les Juifs de notre pays à émigrer  « immédiatement », pour s¹installer en Israël. Principaux accusés : les musulmans de France qui représentent, a-t-il compté, 10% de la population. Le premier ministre israélien ne s¹embarrasse guère de formules diplomatiques dans ses propos frontalement racistes qui visent toute une partie de la population française en particulier et, dès lors, toute la société en général. Ne lui en déplaise, la République française n¹a pas pour vocation de cesser de considérer ses citoyens précisément pour ce qu¹ils sont : des citoyens.

Mais le véritable projet d¹Ariel Sharon n¹est pas d¹abord là. En tentant de jeter l¹opprobre sur un pays où a su grandir la solidarité avec le peuple palestinien, en agitant l¹épouvantail du racisme antisémite, ce n¹est pas à la lutte contre cette forme de racisme en particulier et contre tous les racismes en général qu¹il entend appeler. Au contraire, leur éventuel développement sert sa lecture communautaire, éthiquement inacceptable et politiquement dangereuse. Car ce qu¹il souhaite, ce n¹est rien d¹autre que l¹incitation au départ. C¹est l¹incitation à une vague migratoire puisée dans le vivier des citoyens français de confession juive, appelés en masse à venir assurer son objectif aussi officiel qu¹obsessionnel : la pérennisation d¹une majorité démographique juive en Israël, ainsi qu¹à Jérusalem dont la population palestinienne est de plus en plus massivement exclue de ses droits de résidence, voire dans le reste de la Cisjordanie occupée. L¹édification des murs d¹enfermement des populations palestiniennes en Palestine occupée, de confiscation de leurs terres et de leurs ressources au profit des colonies, de ghettoïsation au sens exact du terme, sert cet objectif. « Achever ce qui ne l¹a été en 1948 », n¹a-t-il eu de cesse de répéter ces dernières années. C¹est bien à une « séparation » des populations sur critères « ethniques », à une annexion de territoires vidés de leurs populations palestiniennes, qu¹il aspire.  

De toute évidence, Ariel Sharon a plus que du mal à convaincre les citoyens de notre pays de la validité de ses thèses, et c¹est heureux. D¹une part, parce que la citoyenneté ne se divise pas. D¹autre part, sans doute, parce que sa politique meurtrière et suicidaire en Palestine occupée est responsable non seulement de plus de trois mille morts palestiniens et de destructions massives, mais aussi de près d¹un millier de morts parmi ses propres citoyens. Mais aussi parce que l¹histoire nous a montré que le racisme, quelles qu¹en soient les formes et les victimes, se combat.

Ce combat est celui de toute notre société. C¹est le nôtre. C¹est celui, pratiquement par définition, du mouvement de solidarité avec le peuple palestinien pour le respect de ses droits, ainsi qu¹avec les anti-colonialistes qui, en Israël, s¹engagent contre la politique dévastatrice de leur gouvernement. Opposé à tout enfermement dans des appartenances communautaires, ce combat ne saurait se mener et se gagner que tous ensemble. En commençant par dire non au racisme d¹Ariel Sharon.

Paris, le 19 juillet 2004.

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