AFPS Nord Pas-de-Calais CSPP

   


 

Rapport B’Tselem du 5 juillet 2005


Scènes de la vie des Palestiniens, décisions ayant une influence directe sur leur vie. B’Tselem, qui défend le droit, vit cette réalité sur le terrain et en témoigne : Les attaques des colons contre les "troglodytes" de Sushya ; l’agression des colons sur un enfant et sur son défenseur ; arrêt de la Haute cour de justice israélienne sur la construction du mur à a-Ram ; la tentative parlementaire pour ne pas dédommager les victimes palestiniennes de l’occupation.

L’armée et les colons harcèlent les habitants des grottes pour essayer de les expulser

Cette semaine, B’Tselem publie un rapport décrivant les efforts continuels d’Israël visant à expulser les Palestiniens qui vivent dans les grottes dans les collines du sud de Hébron. Les habitants ont été expulsés en 2000 puis ont reçu un ordre de la Haute Cour de Justice leur permettant de retourner dans leurs maisons tant que leur requête légale n’a pas été étudiée. Depuis lors, les habitants vivent avec la menace d’une expulsion au-dessus de leurs têtes.

Le rapport décrit la vie des habitants sous la menace d’un groupe de colons particulièrement violent qui vivent à proximité. Ces colons attaquent continuellement les Palestiniens et endommagent leur propriété. La police ne fait pas grand-chose pour faire appliquer la loi et l’armée en fait encore moins. Dans certains cas, des soldats ont aidé les colons à commettre leurs actes violents.

A plusieurs occasions, l’armée a détruit les terres agricoles des habitants en faisant passer leurs tanks et autres véhicules blindés à travers leurs champs. De plus, l’Administration civile interdit aux habitants de construire dans leurs villages, même des constructions pour amener une alimentation d’eau appropriée et qui répondraient à d’autres besoins fondamentaux.

Les constatations du rapport font ressortir la crainte qu’Israël est en train d’essayer de pousser à bout les habitants et de les amener à quitter la région, un projet qu’elle n’a pas encore réussi à obtenir du tribunal.

Dans son rapport, B’Tselem proteste contre la tentative d’expulsion et contre la politique actuelle d’Israël vis-à-vis des habitants qui viole sérieusement leurs droits humains et enfreint la loi internationale de façon flagrante. B’Tselem demande au gouvernement israélien d’annuler les ordres d’expulsion en suspens contre les habitants des grottes ; de donner l’ordre à l’armée et à la police de protéger les habitants des grottes et de sérieusement appliquer la loi envers les colons violents ; enfin de dédommager les Palestiniens dont les terres et la propriété personnelle ont été endommagées par les colons, l’armée ou l’Administration civile.

La Haute Cour de Justice retarde la construction du Mur au nord de Jérusalem

Le 22 juin 2005, la Haute Cour de Justice a délivré un ordre temporaire empêchant l’Etat de construire un Mur de séparation le long d’une partie de la route prévue au nord de Jérusalem. La section entre dans Dahiyat al-Barid, un quartier juste en dehors des limites de la ville, adjacente à la ville d’a-Ram. La route prévue passerait à travers le quartier empêchant certains habitants d’atteindre Jérusalem et d’autres d’atteindre a-Ram. L’ordre a été émis suite à une demande faite par le dirigeant de la municipalité d’a-Ram et d’un groupe d’habitants locaux qui s’opposent à la partition de la communauté.

Le Mur de séparation qui est en construction va entourer a-Ram sur trois côtés. En plus de la section Sud, section concernée par l’ordre de la Cour, un mur de huit mètres de haut à l’ouest de la ville a déjà été construit. Une autre section, à l’est de la ville, est actuellement en construction.

Le mur autour d’a-Ram va détacher la ville des régions avoisinantes et va gravement dégrader les vies des 60 000 habitants. Les habitants dépendent de Jérusalem-Est et des villages alentours pour tous les aspects de la vie quotidienne : affaires et emplois, éducation, santé et liens familiaux. Tandis que la construction du Mur avance, ces activités de base en souffrent de plus en plus. La moitié des habitants d’a-Ram détiennent des cartes d’identité israéliennes et depuis que la construction de la barrière a commencé, plusieurs milliers d’entre eux ont déménagé à Jérusalem-Est afin d’éviter les difficultés auxquelles ils auraient été confrontés s’ils avaient continué à vivre à a-Ram.

Des colons de Hébron attaquent un enfant et blessent une personne qui essayait de l’aider.

Le 22 juin 2005, Muhammad a-Sharif, un enfant de 10 ans vivant à Hébron, vendait des bonbons dans la rue pour gagner un peu d’argent pour sa famille. Muhammad a raconté à B’Tselem ce qui s’est passé : ...deux garçons de la famille al-Madhun m’ont acheté des bonbons. Au même moment, un groupe de cinq ou six colons ont commencé à me harceler. Ils se sont approchés de moi, ont crié et essayé de m’attaquer...Juste alors un homme qui paraissait avoir trente ans venait de la rue a-Sahala. Il marchait vers le check-point Abed et je n’étais pas à plus de 15 mètres de là. Il portait des vêtements de travail. Quand je suis arrivé sur les marches de la maison de la famille ‘Abd al-Mahdi Qafisha, l’homme m’a saisi par l’épaule en me disant de ne pas avoir peur. Il a continué à marcher à côté de moi pour me protéger des colons. Tout à coup, les colons se sont précipité sur l’homme et l’ont violemment attaqué. Un colon en chemise orange l’a frappé durement à la poitrine et l’a fait tomber. L’homme est tombé sur le dos. Apparemment il avait heurté sa tête sur l’asphalte car il ne bougeait pas ».

Ensuite l’enfant a couru à la maison. Malaka Qafisha, un témoin, a raconté à B’Tselem : « Le colon en chemise orange l’a frappé durement à la poitrine. L’homme est tombé sur le dos, a commencé à trembler puis s’est arrêté de bouger. J’ai crié en disant qu’il était mort. Ma belle-mère a accouru vers moi et a vu l’homme couché sur le sol. Au même moment, un autre homme dans la cinquantaine, a rempli une bouteille d’eau et l’a amené à l’homme. Il a aspergé l’eau sur l’homme couché sur le sol ».

L’homme battu par les colons était Fares al-Batesh, un habitant de la ville. Des soldats sont arrivés sur la scène et l’ont évacué à l’hôpital Soroka à Beersheba. Al-Batesh est sorti dans l’heure et a été emmené à un check-point loin d’Hébron. Dans son témoignage à B’Tselem, il a dit : « J’ai dit au policier que je n’avais pas d’argent pour prendre un taxi. Il a répondu en arabe « c’est pas mon affaire ». La voiture de patrouille a fait demi-tour et est partie ». Al-Batesh a commencé à marcher vers Hébron avec des douleurs à la tête. Plusieurs heures sont passées avant qu’un chauffeur ne s’arrête et l’emmène là où il pouvait trouver un taxi pour Hébron. Al-Batesh s’est rendu plus tard à l’hôpital ‘Alyah de Hébron où les docteurs l’ont examiné et trouvé qu’il souffrait d’une fracture du crâne.

Amendement rejetant des dédommagements aux Palestiniens

Le ‘Comité Loi et Justice’ prévu par la Constitution de la Knesset, discute actuellement d’un amendement proposé à la loi « Civil Wrongs » qui exempterait Israël de dédommager les Palestiniens qui ont été blessés par les forces de sécurité israéliennes. Cet amendement est déjà passé en première lecture à la plénière de la Knesset. Si le Comité l’approuve, il retourne à la plénière pour les deuxième et troisième votes, nécessaires pour introduire cet amendement dans la loi.

Il est temps maintenant de s’assurer que ce projet de loi ne passe pas. Ecrivez au président du Comité, le Député Micha’el Eitan lui demandant d’empêcher l’approbation de ce projet de loi.

Député Micha’el Eitan

Fax : 972 2 6496 404
ou Email : meitan@knesset.gov.il

Rapport B’Tselem
du 5 juillet 2005 - www.btselem.org/English/Email_Updat...
Traduction : Ana Cléja

Source : Liste Assawra    
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Ce texte n'engage que son auteur et ne correspond pas obligatoirement à notre ligne politique. L'AFPS 59/62,  parfois en désaccord avec certains d'entre eux, trouve, néanmoins, utile de les présenter pour permettre à chacun d'élaborer son propre point de vue."

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