|

Février 2025, nouvelle étape du
nettoyage ethnique de Jérusalem-Est occupée
Par AFPS le 12 février 2026
https://www.france-palestine.org/Fevrier-2025-nouvelle-etape-du-nettoyage-ethnique-de-Jerusalem-Est-occupee
Le
mardi 10 février 2025, les troupes et la police israéliennes ont mené une
invasion de grande ampleur contre le quartier d’Al-Bustan à Silwan, au sud
de Jérusalem-Est occupée. Les autorités israéliennes ont ciblé une centaine
de bâtiments, maisons, immeubles et magasins, blessé plusieurs habitant·es
et arrêté deux habitants, eux-mêmes ciblés par des ordres de démolition.
Les
équipes de la municipalité de l’occupation israélienne ont poursuivi une
vaste opération de démolition dans ce quartier vivant sous les menaces de
l’occupation et de la colonisation avec une intensité inouïe, accompagnées
d’engins lourds et sous une forte protection des troupes et des policiers
israéliens.
Cette
opération a visé des entrepôts appartenant au citoyen Mohammed Owdeh, situés
dans un magasin de vente de matériaux de construction, ainsi que des abris
agricoles et des garages de véhicules dans les cours de maisons appartenant
à la famille Owdeh.
Elle
a également touché des entrepôts appartenant à la famille Abu Diab, qui contenaient
des effets personnels et du mobilier provenant de maisons précédemment
démolies dans le quartier. Ces deux familles font partie des principales
cibles des démolitions dans le quartier depuis des mois. Les familles
Owdeh, Abu Diab et Shweiki incarnent la résistance populaire et pacifique à
Silwan. Leur persécution n’a donc rien d’anodin.
Les
démolitions se sont accompagnées d’agressions directes contre les
habitant·es et de l’empêchement des ambulances d’accéder au site.
Les
autorités d’occupation n’ont accordé aux résident·es qu’un délai d’environ
vingt minutes pour déposer une objection, à titre purement formel. Malgré
l’obtention d’une décision judiciaire émanant de la Cour centrale
israélienne à Jérusalem, les forces d’occupation ont poursuivi les
démolitions, bouclé le périmètre de la zone et pris position sur les toits
des habitations afin de renforcer le siège imposé au quartier.
Les
agressions ont fait quatre blessés parmi les habitants à la suite des
violences exercées par les forces d’occupation, tandis qu’une ambulance a
été empêchée pendant plusieurs heures d’entrer dans le quartier, avant que
l’équipe médicale ne parvienne ultérieurement à évacuer les blessé·es et à
leur prodiguer des soins sur place.
Par
ailleurs, les forces d’occupation ont arrêté les deux jeunes Yazan Owdeh et
Yasser Dweik lors de l’incursion dans le quartier, et les ont maltraités au
moment de leur arrestation.
Silwan
est une localité palestinienne de 60 000 habitants, située au pied des
murailles sud de la Vieille Ville, près de la mosquée Al-Aqsa. Depuis
l’occupation de Jérusalem-Est en 1967, le quartier est la cible d’une
politique systématique de colonisation et de démolition menée par les
autorités israéliennes et les organisations de colons telles que Elad,
responsable du parc archéologique de la « Cité de David ». Ces
opérations visent à renforcer la présence juive autour du soi-disant
« Bassin sacré », au nom d’une interprétation religieuse et
historique des lieux.
Depuis
2001, l’association Ateret Cohanim a progressivement pris le contrôle de
plusieurs habitations, ouvrant en 2018 un centre culturel pour les Juifs
yéménites dans des bâtiments confisqués à des familles palestiniennes.
Environ 700 habitant·es de Batten al-Hawa sont aujourd’hui menacé·es du
même sort. Déjà en 2018, la Cour suprême israélienne avait rejeté le
recours de 104 familles contre une décision de 2002 prévoyant leur expulsion,
en faveur de cette même organisation coloniale.
Les
familles palestiniennes contestent ces décisions, affirmant que les terres
concernées relèvent d’un waqf (une autorité politique et spirituelle)
datant de l’époque ottomane, et que les bâtiments évoqués par les colons
n’existent plus depuis longtemps. Malgré des erreurs reconnues dans
l’analyse juridique du dossier, la Cour israélienne a maintenu les ordres
d’expulsion, ouvrant la voie à une nouvelle vague de déplacements forcés à
Silwan.
Aujourd’hui,
la communauté internationale reconnaît que Jérusalem-Est, y compris Silwan
et Sheikh Jarrah, constitue un territoire occupé. Les pratiques
israéliennes d’annexion, d’éviction et de transfert de population y
représentent de graves violations du droit international humanitaire et des
droits humains, équivalant à des crimes de guerre selon les conventions
internationales.
Liens supplémentaires :
AFPS
le 14 novembre 2025 :
Agence
Anadolu le 20 janvier 2026 :
International
Solidarity Movement le 4 février 2026 :
Le
Centre Palestinien d’Information le 6 février 2026 :
|