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Proposition
grotesque de la FIFA : un match Israël-Palestine en ouverture d'un
tournoi de jeunes, alors que les Palestiniens enterrent leurs athlètes
International
Solidarity Movement le 15 juin 2026
https://ismfrance.org/index.php/2026/06/16/proposition-grotesque-de-la-fifa-un-match-israel-palestine-en-ouverture-dun-tournoi-de-jeunes-alors-que-les-palestiniens-enterrent-leurs-athletes/
La FIFA a proposé l’un des gestes les plus insensibles et stupéfiants
du sport moderne : un match de football Israël-Palestine des moins de 15
ans en ouverture d’un nouveau tournoi de jeunes prévu en septembre aux
États-Unis. Cette proposition intervient alors que les responsables, les
athlètes et les familles palestiniennes sont encore sous le choc des
pertes humaines que la Cour internationale de Justice considère comme un
génocide potentiel, et que les forces d’occupation israéliennes
maintiennent leur emprise sur les infrastructures sportives
palestiniennes et sur la fédération palestinienne elle-même.
Ce tournoi, ouvert aux 211 associations membres de la FIFA,
organiserait ce match « symbolique », présenté par le président de la
FIFA, Gianni Infantino, comme un geste en faveur de la paix. Il s’agit,
au contraire, d’une illustration de la faillite morale des instances
dirigeantes du sport face à une destruction systématique. Depuis octobre
2023, les forces israéliennes ont tué 1.007 membres de la communauté
sportive de Gaza, selon un rapport exhaustif publié par la Fédération
palestinienne de football en mars 2026. Parmi eux, 565 étaient des
joueurs de football. Ce chiffre peut être recoupé avec les rapports
d’autres instances sportives palestiniennes : 785 athlètes et
responsables sportifs palestiniens ont été tués à Gaza et en Cisjordanie
occupée depuis octobre 2023, dont 437 joueurs de football. Par ailleurs,
988 Palestiniens ont été tués en Cisjordanie par les forces d’occupation
israéliennes et les colons au cours de la même période.
La destruction est totale. Les forces d’occupation
israéliennes ont démoli ou partiellement détruit 265 infrastructures
sportives à Gaza, notamment des stades, des gymnases et des bâtiments de
clubs. Les cinq principaux stades de football de Gaza ont été
rasés : le stade Palestine, le stade Al-Yarmouk, le stade Mohammed
Al-Durrah, le stade Beit Hanoun et le stade Al-Tuffah, ainsi que des
dizaines d’installations plus petites. Le bâtiment de la Fédération
palestinienne de football à Gaza a été touché par des bombardements
israéliens. Ce qui reste du Stade de Palestine sert aujourd’hui
principalement de refuge aux footballeurs amputés du Gaza Al-Irada, un
club composé de joueurs ayant perdu des membres.
Le Stade Al-Yarmouk, autrefois l’un des lieux sportifs les
plus emblématiques et chargés d’histoire de Gaza, a été transformé par
les forces d’occupation israéliennes en un centre de détention de masse
où des civils palestiniens ont été torturés et détenus sans procédure
régulière. Ce stade, qui a accueilli des milliers de matchs et a été le
témoin de générations de souvenirs sportifs palestiniens, est devenu un
instrument de violence d’État.
Le ciblage des athlètes palestiniens semble délibéré et
systématique. Les forces d’occupation israéliennes considèrent depuis longtemps
le sport palestinien comme une menace. Lors des manifestations de la
Grande Marche du Retour en 2018, les tireurs d’élite israéliens ont reçu
l’ordre explicite de viser les jambes des manifestants palestiniens non
armés. Dans des interviews réalisées par le journal israélien Haaretz,
des tireurs d’élite se sont vantés de leur précision, l’un d’eux
affirmant pouvoir identifier précisément le nombre de rotules qu’il avait
touchées. Plus de 7.000 des 8.000 victimes de tirs à balles réelles
recensées lors de ces manifestations ont été blessées aux membres
inférieurs. Il en a résulté une vague d’amputations qui a transformé les
hôpitaux de Gaza en services d’amputation et la jeunesse palestinienne en
une population délibérément mutilée.
Infantino lui-même a démontré l’insensibilité de la FIFA en
avril 2026, lorsqu’il a tenté de contraindre le président de la
Fédération palestinienne de football, Jibril Rajoub, à se tenir aux côtés
du vice-président de la Fédération israélienne de football, Basim Sheikh Suliman,
lors du congrès annuel de la FIFA, dans le cadre de ce qui a été présenté
comme un « geste de paix ». Rajoub a refusé (photo ci-dessus), déclarant
à Infantino : « Je ne peux pas serrer la main de quelqu’un que les
Israéliens ont amené pour blanchir leur fascisme et leur génocide. Nous
souffrons.» La vice-présidente de la Fédération palestinienne de
football, Susan Shalabi, présente dans la pièce, a appuyé ce message.
Infantino, imperturbable face à ce refus, a maintenu sa proposition de
match de jeunes, déterminé à instrumentaliser les enfants dans son récit
illusoire de réconciliation.
Le contexte rend cette proposition obscène. La Cour pénale
internationale a émis en novembre 2025 des mandats d’arrêt contre le
Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et l’ancien ministre de la
Défense Yoav Gallant pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité à
Gaza. La Cour internationale de Justice examine une affaire de génocide
portée par l’Afrique du Sud. Près de 73.000 Palestiniens ont été tués à
Gaza depuis octobre 2023, selon le ministère de la Santé de Gaza.
Pourtant, la FIFA persiste dans son projet d’organiser un match de
football symbolique entre l’auteur des violences et la victime, comme si
une rencontre de jeunes pouvait masquer les massacres, les attaques
ciblées contre les infrastructures sportives, les mutilations délibérées
de manifestants et ce que de multiples instances internationales
qualifient de génocide.
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