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Gaza en chiffres : trois ans
depuis le début de la guerre… et un an depuis le cessez-le-feu
Centre
Palestinien d’Information, le 7 octobre
Gaza en chiffres :
trois ans depuis le début de la guerre… et un an depuis le cessez-le-feu
Trois ans après le
début de la guerre israélienne contre la bande de Gaza et un an après
l’entrée en vigueur de l’accord de cessez-le-feu, les indicateurs montrent
que l’accord a entraîné une forte baisse du rythme des morts, mais qu’il
ne s’est pas transformé en véritable processus permettant de mettre fin
aux conséquences de la guerre ou d’engager une reconstruction et un
redressement global.
C’est ce qui ressort
d’une nouvelle fiche d’information publiée par le Centre palestinien
d’études politiques, intitulée « Gaza en chiffres : trois ans depuis le
début de la guerre… et un an depuis le cessez-le-feu ». Le document
s’appuie sur les données du ministère de la Santé de Gaza, de l’ONU et de
ses agences, de l’évaluation rapide conjointe des dommages et des besoins
(RDNA), ainsi que sur celles d’autres organisations et institutions
internationales et de défense des droits humains.
Selon le document, le
bilan de la guerre s’élevait, au 4 octobre 2026, à 74
237 morts et 175 206 blessés, tandis que la seule année
ayant suivi le cessez-le-feu a fait 1 454 morts et 5 090
blessés. En moyenne, le rythme des décès est passé
d’environ 99 morts par jour pendant la guerre ouverte à environ 4 morts
par jour durant l’année du cessez-le-feu, soit une baisse d’environ 25
fois, sans pour autant que les victimes cessent de tomber.
Le cessez-le-feu ne s’est pas transformé
en processus de reconstruction
Selon le document, la
situation humanitaire et urbaine reste loin de la stabilité. Au moins 371
888 logements ont été endommagés ou détruits, tandis que
l’ONU estime le volume des décombres à environ 61
millions de tonnes. À la fin du mois de septembre, seuls
quelque 907 000 tonnes avaient été retirées, soit environ 1,5 % du total.
Les besoins en matière
de relèvement et de reconstruction sur dix ans sont estimés à 71,4
milliards de dollars, dont 26,3 milliards nécessaires au
cours des 18 premiers mois. Par ailleurs, l’économie de Gaza s’est
contractée d’environ 84 %, selon l’évaluation conjointe des dommages et
des besoins.
Le document indique
également que 65 % des ménages vivent
encore sous des tentes ou dans des abris temporaires, tandis qu’environ 94
% de la population a besoin d’une aide urgente en matière
de logement et de biens essentiels. Quelque 451 zones de déplacement
fortement exposées aux inondations ont par ailleurs été identifiées ;
elles accueillent environ 464 000 personnes, avec d’importants besoins
pour l’hiver, notamment pour les enfants et les familles déplacées.
Un système de santé fonctionnant au
minimum
Le système de santé
continue de fonctionner dans des conditions extrêmement difficiles. Selon
l’Organisation mondiale de la santé, seuls 19
des 36 hôpitaux fonctionnent partiellement, aucun ne
fonctionnant à pleine capacité.
Les conséquences
sanitaires à long terme de la guerre se poursuivent. Environ 43
000 personnes auraient subi des blessures ayant
bouleversé leur vie, dont quelque 10 000 enfants, tandis que plus de 50
000 blessés auraient besoin d’une réadaptation à long
terme.
Le document relève
également des indicateurs préoccupants concernant la santé des femmes,
notamment environ 3 950 fausses couches
enregistrées au cours du premier semestre 2026, soit un taux supérieur à
trois fois celui enregistré au second semestre 2025.
La crise des conditions de vie n’est pas
terminée
Sur le plan des
conditions de vie, les données compilées dans le document indiquent que 63
% des ménages évalués disposent de moins de 6 litres
d’eau potable par personne et par jour, tandis que 74 % dépendent de
camions-citernes.
Concernant
l’alimentation, plus de 1,2 million de personnes,
soit 59 % de la population, se trouvaient entre la mi-avril et la fin
juin 2026 dans une situation de crise alimentaire ou pire. Ce nombre
devrait atteindre environ 1,4 million de
personnes, soit 67 % de la population, entre juillet et
décembre.
Dans le domaine de
l’éducation, l’année scolaire 2026-2027 a commencé avec environ 495
000 enfants inscrits dans des espaces éducatifs soutenus
par l’ONU et ses partenaires. Environ 200 000 enfants seraient toutefois
encore privés d’éducation structurée, tandis que le secteur n’a reçu que
13 % des financements demandés.
Un accord bloqué par une impasse
politique
Le document place
l’impasse politique au cœur de l’explication du passage lent du
cessez-le-feu à la phase de reconstruction. La deuxième phase de l’accord
a été annoncée en janvier 2026, mais n’a pas été mise en œuvre en raison
de désaccords sur l’ordre des étapes, notamment sur la relation entre le
désarmement du Hamas et le retrait israélien.
Les indicateurs sur le
terrain font également état de la poursuite de la présence militaire
israélienne. Selon le document, environ 53 % de la bande de Gaza
se trouve sous contrôle israélien direct derrière la « ligne jaune »,
auxquels s’ajoutent environ 11 % situés dans la « ligne orange ». L’ONU a
pour sa part indiqué qu’environ deux tiers de la bande de Gaza étaient
inaccessibles ou soumis à des restrictions d’accès.
Concernant l’aide
humanitaire, le document relève un écart entre les chiffres israéliens
faisant état de l’entrée d’environ 600 camions par jour et les données et
mécanismes de vérification de l’ONU, ainsi que les données publiées par
le bureau d’information du gouvernement à Gaza. Cela témoigne de la
persistance des divergences concernant la quantité d’aide qui parvient
effectivement à la population.
La baisse du nombre de morts ne signifie
pas la fin de la guerre
La fiche du Centre
palestinien d’études politiques conclut que le cessez-le-feu a permis de
réduire l’intensité des violences meurtrières, mais qu’il n’a pas mis fin
à leurs conséquences ni aux principales crises qui frappent Gaza.
Le processus de
reconstruction reste lié à la réouverture des points de passage, à
l’entrée des équipements, du carburant et du matériel médical, à la
mobilisation des financements et à la mise en œuvre des arrangements
politiques et sécuritaires liés à la deuxième phase de l’accord.
Le document propose plusieurs
priorités, notamment la création d’un mécanisme indépendant de
documentation des violations, la fixation d’un calendrier de retrait, la
facilitation de l’entrée des équipements nécessaires au déblaiement des
décombres, des abris, du carburant et du matériel médical, la conversion
des promesses financières en financements effectifs et la réduction des
déficits de l’aide hivernale. Il appelle également à élargir les
évacuations médicales ainsi que les programmes de réadaptation et de
fourniture de prothèses pour les dizaines de milliers de blessés.
Le document dresse
ainsi un état des lieux chiffré de Gaza après trois années de guerre et
une année de cessez-le-feu, en mettant en avant une conclusion centrale :
la baisse du niveau des violences meurtrières ne signifie pas
la fin de la guerre tant que ses conséquences humaines, urbaines,
économiques, sociales et politiques perdurent.
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